Le Droit d’Auteur dans l’espace

Par Paul Van den Bulck

Si la conquête de l’espace a d’abord débuté sur base de fiertés nationales, elle s’est poursuivie de manière « plus mature ». Aujourd’hui, sans que nous en ayons réellement conscience, les services rendus par les satellites font partie de notre quotidien. La météo est un souci journalier qui va bien au delà des conversations de salles d’attente ; la radiodiffusion par satellite est une réalité omniprésente dans un monde d’information et de divertissement globalisé ; la téléphonie du 21ème siècle joue à saute-mouton en utilisant tous les relais possibles de transmission des ondes, en ce compris les satellites ; le GPS (Global Positioning System) est embarqué dans nos avions, bateaux, véhicules routiers et même dans nos téléphones portables et autres PDA (personal digital assistant) ; « Google Earth » permet à quiconque (particulier ou administration) de zoomer la photo satellite de notre maison ou de celle du voisin ; demain, le système européen de radionavigation Galileo rendra notamment des services aux non-voyants en les guidant au mètre près grâce à des cannes guidées depuis l’espace ; etc... Le futur spatial est donc très prometteur et ne connaît que les limites de l’imagination humaine.

Cette apparente maturité a toutefois un revers.

On estime à plus ou moins 6.600 le nombre de satellites lancés depuis le début de la conquête de l’espace. Parmi ces 6.600 satellites, on en dénombre actuellement plus ou moins 5.800 qui sont hors d’usage et dérivent dans l’espace.

Le nombre de satellites opérationnel n’est donc que de plus ou moins 800. Parmi ces 800 satellites, on estime que 570 de ceux-ci sont à usage commercial, même si l’usage n’est pas toujours déclaré.

Les 230 autres satellites sont présumés à usage scientifique. Le nombre total de satellites militaires actifs est quant à lui bien évidemment inconnu. Il n’est pas impossible non plus que certains satellites dits scientifiques aient un usage militaire.

Ces chiffres en tout cas nous révèlent que la déchetterie céleste est bien plus importante que le parc satellitaire actif.

On s’en doute tout ceci n’est pas gratuit non plus.

En ce qui concerne plus particulièrement les satellites commerciaux, le seuil de rentabilité doit être atteint par la commercialisation des services.

La rétribution de ces services se fait le plus souvent en contrepartie d’un contrat de licence. En effet, les services rendus ne le seront pour l’essentiel que grâce à la propriété intellectuelle « embarquée », « véhiculée » ou « produite » dans ou par lesdits satellites.

En ce qui concerne la propriété intellectuelle « produite », celle-ci est essentiellement relative à la restitution en données ou photographies de l’espace ou de la terre.

Pour l’Europe, le régime juridique de cette observation et de la restitution qui en découle est balisé par différents textes internationaux relatifs à l’observation elle-même et la réglementation internationale et nationale applicable en matière de droit d’auteur et de protection des bases de données.

Concernant l’observation de l’espace les principes applicables se retrouvent dans deux instruments internationaux, à savoir, tout d’abord, un traité de 1967 « sur les principes régissant les activités des États en matière d'exploration et d'utilisation de l'espace extra-atmosphérique, y compris la lune et les autres corps célestes » et, ensuite, une déclaration de 1986 des Nations Unies « concernant l’observation de la terre à partir de l’espace ».

Ces deux textes disposent en substance que :

-L'espace extra-atmosphérique peut être exploré et utilisé librement par tous les États sans aucune discrimination, dans des conditions d'égalité et conformément au droit international, toutes les régions des corps célestes devant être librement accessibles ;

-L'espace extra-atmosphérique ne peut faire l'objet d'appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d'utilisation ou d'occupation, ni par aucun autre moyen ;

-La responsabilité éventuelle découlant de l’exploration de l’espace extra-atmosphérique pèse sur l’état qui conduit cette activité (le pays du « pavillon » est donc le premier responsable, quitte pour ce dernier à se retourner contre le ou les propriétaires du satellite).

Une fois ces responsabilités et libertés posées, reste à déterminer le régime de protection des résultats de cette observation, à savoir les photographies et autres données récoltées. En Europe, deux institutions juridiques sont principalement concernées, à savoir le droit d’auteur et le droit des bases de données.

En ce qui concerne le droit d’auteur, celui-ci protège les œuvres de l’esprit.

En bref, il faut donc un contrôle humain de l’élaboration de l’œuvre ou une maîtrise par celui-ci du contrôle créatif.

Pour reprendre les termes de notre Cour de cassation, «il est nécessaire , mais suffisant » pour qu’une création soit protégée qu’elle « soit l’expression de l’effort intellectuel de celui qui l’a réalisée, ce qui constitue une condition indispensable pour donner à l’œuvre le caractère individuel à travers lequel une création existe ».

Pour une photographie, tout le débat porte donc sur la question de savoir si il a un « caractère individuel ».

De manière très schématique donc, une photographie satellitaire qui serait le résultat, à l’instar d’un photomaton, d’une prise de vue automatique n’est pas protégée par le droit d’auteur.

Par contre, une photographie satellitaire qui serait le résultat de l’expression de l’effort intellectuel d’un humain est protégée.

Le fait donc que la photographie soit prise à distance est indifférent.

Il faut, mais il suffit, qu’un être humain soit aux commandes c'est-à-dire qu’il maîtrise du processus créatif : le choix du moment du déclic, de l’angle de vue, de la sensibilité, des contrastes, de l’objectif (grand angle, téléobjectif, objectifs spéciaux), du cadrage (serré, large), de la vitesse d’obturation effet filé, etc…), de l’ ouverture du diaphragme (objet net et fond net ou flou selon l’ouverture), des filtres, du traitement de l’image (reconstitution ou nettoyage de l’image, etc …).

En ce qui concerne la protection des données récoltées par les satellites, tout est également une question de faits.

Ceci dit, dans la toute grande majorité des cas le contenu des bases de données qui sont le résultat de l’observation céleste ou terrestre seront protégées par le droit des bases de données.

En effet, le fabricant d’une base de données peut invoquer une protection spécifique pour celle-ci lorsque l'obtention, la vérification ou la présentation du contenu de cette base de données attestent un investissement substantiel du point de vue qualitatif ou quantitatif.

Ce sera le plus souvent le cas en matière d’observation satellitaire.

Tout ceci étant dit, la libération récente d’Ingrid Betancourt aidée en partie par l’observation satellitaire, est l’occasion d’effleurer une question cruciale.

Au delà du cliché largement véhiculé de la possibilité pour un satellite de photographier « une balle de golf sur la grand place de Bruxelles», il y a la réalité journalière bien plus affreuse que nous stigmatiserons en quelques mots.

Lors du massacre de Srebrenica durant la guerre des Balkan, certains satellites disposaient des photos montrant l’acheminement et le massacre de milliers de civils dans des stades de football.

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

D’un autre côté, certaines lois nationales permettent la non divulgation et le rachat exclusif par l’Etat concerné de certaines photographies satellitaires.

Nous ne nous prononcerons pas ici sur l’opportunité de ces lois et de la balance d’intérêts qu’elles provoquent. Nous nous limiterons simplement à souligner que l’accès à ces photographies satellitaires fait également partie du débat plus général concernant le devoir d’ingérence.

Paul Van den Bulck


Avocat aux barreaux de Bruxelles et de Paris
Chargé d’enseignement à l’Ecole nationale supérieure des télécommunications (Telecom ParisTech) et à l’Université de Paris II (Panthéon-Assas)


La France au 31e rang mondial de la liberté de la presse

Selon le classement de Reporters sans Frontières

16/10/2007-16h18 - Emmanuel Berretta - © Le Point.fr

Depuis six ans, l’association Reporters sans frontières (RSF) publie son classement sur la liberté de la presse. La France pointe cette année au 31e rang mondial. Elle remonte de six places par rapport à l’an passé. Mais elle demeure derrière des pays comme le Ghana (29e), la Lettonie (12e) ou le Costa-Rica (21e ex-aequo).

Pour établir ce classement, RSF s’appuie sur une collecte d’informations sur la situation des journalistes (menaces, violences, emprisonnements, niveau de censure) auprès d’un réseau d’organisations partenaires, permettant de couvrir 169 pays. Pour plus de détails sur les critères, voir le site de Reporters sans frontières.

Parmi les grandes puissances, soulignons le meilleur classement de l’Allemagne (20e), devant le Royaume-Uni (24e). Les États-Unis se situent au 48e rang. RSF souligne une amélioration de la situation chez l’Uncle Sam avec la libération du blogueur Josh Wolf après 224 jours de détention. "En revanche, la détention sans charge, depuis le 13 juin 2002, du cameraman soudanais d’Al-Jazira, Sami Al-Hadj, sur la base militaire de Guantanamo, et l’assassinat de Chauncey Bailey à Oakland, en août 2007, empêchent toujours le pays d’accéder au peloton de tête", souligne RSF.

Sans surprise, la Russie (144e) recule et la Chine (163e), à moins d’un an des JO, maintient la pression sur ses journalistes. La lanterne rouge du classement est occupée par l’Érythrée, juste en dessous de la Corée du Nord, où la situation de la presse n’est guère plus brillante.

RSF souligne également la situation préoccupante de deux pays de l’Union européenne : la Bulgarie (51e) et la Pologne (56e). A Sofia, les journalistes peuvent être pris à partie physiquement pour leur travail. En Pologne, un délit de presse est susceptible d’être puni par de la prison...

Comme d’habitude, les pays où la presse est le plus libre se situent en Europe du Nord : Islande et Norvège, médaille d’or ex-aequo, Estonie, Slovaquie, médailles d’argent ex-aequo et Belgique, Finlande, Suède, médailles de bronze ex-aequo.

l'arnaque SFR

Récemment, j'ai eu la surprise de recevoir un SMS m'informant que j'avais gagné l'agréable somme de 3000 € et que, pour recevoir mon prix, il me suffisait d'appeler le0899196993 dans les plus brefs délais...

Vous ne pouvez sans doute imaginer la densité de ma surprise, car vous ne me connaissez guère, et ne pouvez sans doute deviner que je suis allergique à toute forme de jeu, surtout aux jeux de hasard ou jeux d'argent...

J'ai un moment pensé qu'un copain me faisait une blague, mais en regardant le numéro expéditeur: 20270 il m'est apapru à l'évidence qu'il s'agissait bien d'un numéro de service de mon opérateur.

Donc, si je sais encore lire, une Société ayant pignon sur rue, en qualité d'opérateur téléphonique, et pas de Casino, que je sache, m'informe que j'ai "gagné" une somme d'argent, à moins que ce ne soit un quelconque gadget.

Comment pourrais-je avoir "gagné" quoi que ce soit, sans avoir misé, ni "joué", en aucune manière ?

Je sais que l'on vit dans l'ère du "jeu" et qu'il est courant de voir se développer des loteries, concours, et autres billevesées, où certains, espérant "gagner" une voiture, se retrouvent avec un porte clés, ou similaire.

Pour ma part, n'étant pas affecté d'une débilité mentale suffisamment profonde pour me faire croire au Père Noël, je ne gaspille jamais une précieuse seconde de mon temps, à donner dans ces amuse peuple de bas de gamme.

En conséquence, n'ayant rien sollicité, rien demandé, j'ai voulu comprendre à quoi rime ce genre de message imbécile, et mensonger.

J'ai aussi voulu comprendre à qui rapporte ce type de manoeuvre.

Les derniers mots du message me disent que si j'appelle le N° en question, qui commence par 08, il m'en coûtera 1,35 € rien que pour avoir numéroté, puis 0.34€ la minute par la suite.

Voilà un début d'explication: M'amener à faire un appel, histoire de me coûter quelques sous...

Voyons un peu: Sur un appel de 5 minutes, je m'en colle pour 3 € environ. Rien de bien insupportable en soi, il est vrai. Quel est l'escroc qui monterait une "combine" pour m'arracher un tel pactole ? Absurde.

Mais je me suis aussi souvenu que les "grandes entreprises" (SFR, pensez !) connaissent à fond le marketing et les statistiques. Qui dit marketing dit calcul, artihmétique.

J'ai alors fait une multiplication:

Partant du principe que ce genre d'opérateur téléphonique travaille sur une clientèle de plusieurs millions de personnes, je me suis plu à imaginer qu'ils avaient balancé leur message sur tout le réseau, et que, pourquoi pas, "sur le nombre", un bon million de gogos leur a répondu...

Vraisemblable, n'est-il pas ? Dans ce cas, c'est 3 millions d'euros que ces braves gens sont parvenus à facturer, pour avoir passé un simple SMS. Je ne saurais me vanter de disposer de moyens me permettant de me faire de l'argent avec une telle efficacité, et dans une telle proportion.

Car l'arnaque est bien là: Rien que de répondre à leur sollicitation, vous dépensez vos sous, et ils ne veulent pas autre chose.

Vous pensez bien que, dans ce décor, si quelqu'un crie au scandale, ils n'auront aucune peine à prouver qu'ils ont réellement remis 3000 € à un vague quidam, tiré au sort, ou quelque chose comme çà, justifiant de "l'honnêteté" de l'offre: Chacun des "répondants" ayant eu une chance de recevoir la somme offerte...

Ce qui est malhonnête, dans tout cela, c'est l'affirmation initiale comme quoi "vous avez gagné" alors que vous n'avez adhéré à aucun principe de jeu ni de concours.

En fait, même si, par miracle, vous êtes l'heureux élu (et l'heureux alibi de la combine) qui recevra quelque prébende, il n'en demeure pas moins vrai qu'à la réception du message disant "vous avez gagné", vous n'aviez rien gagné du tout.

Il faut dire que la crédulité est grande, de nos jours, dans le public, d'un côté, tout comme le goût du lucre, et que ces chers arnaqueurs, n'ayant pas encore trouvé le moyen de vous forcer à leur répondre, rien ne vous oblige à tomber dans le panneau, et à cotiser, fût-ce pour la millionnième partie, au montage d'une escroquerie.

Dans tout çà, je n'ai pas ouï dire que l'Art. L.121-1 du Code de la consommation, qui réprime toute affirmation publique de nature à induire le public en erreur ait jamais été invoqué par personne.

Il faut croire que les agents de la Répression des fraudes n'ont pas de téléphone portable.

Le Pouvoir français tente "d'encadrer" les magistrats, ailleurs on s'y prend autrement...

En Russie, on assiste à un harcèlement des organisations non gouvernementales (ONG), des procès pour "extrémisme", à l'internement psychiatrique d'une opposante : à trois mois des élections législatives russes, le Kremlin amorce un nouveau tour de vis envers toute forme d'opposition ou de critique du pouvoir en place.

Jeudi 30 août, alors que des centaines de Moscovites rendaient hommage à Anna Politkovskaïa, la journaliste de Novaïa Gazeta assassinée le 7 octobre 2006, la police de Nijni-Novgorod procédait à une perquisition dans les locaux du bihebdomadaire. Les six ordinateurs de la rédaction régionale ont été saisis.

Officiellement, la rédaction de Novaïa Gazeta à Nijni-Novgorod est accusée d'avoir utilisé des logiciels pirates, ce que son rédacteur en chef, Evgueni Lavlinski réfute. Les ennuis du journal, explique-t-il, viennent de sa couverture critique envers le gouverneur de la région, Valeri Chantsev, qui a lancé un vaste chantier de rénovation dans le centre historique de la ville sans trop d'égards pour le patrimoine historique. Ce jour-là, les policiers ont aussi perquisitionné les locaux du Fonds pour la tolérance, une ONG locale qui s'est mis en tête d'organiser en octobre une conférence internationale à la mémoire d'Anna Politkovskaïa. Oksana Tchelycheva, fondatrice de l'ONG, a été convoquée par la police. Elle craint une mise en examen pour "extrémisme".

Entrés en vigueur le 26 juillet, les nouveaux amendements à la loi sur l'extrémisme prévoient des peines de cinq à quinze ans de prison. A l'origine, ce texte était censé lutter contre les agissements des groupuscules néonazis, qui assassinent des personnes au faciès non slave (54 personnes tuées en 2006). La plupart du temps, les auteurs de ces actes sont condamnés à des peines légères pour "hooliganisme", les juges refusant la qualification d'"acte raciste". Mais cette loi - qui prévoit jusqu'à huit ans de prison pour "troubles à l'ordre public" - peut aussi être détournée, la notion d'"extrémisme" y étant définie d'une façon très vague. Dorénavant, le "financement" et l'"organisation" d'actes extrémistes, par le biais "d'imprimés, (...) de liaisons téléphoniques ou d'autres moyens d'information" seront punis de huit à quinze années de prison. Enfin, le texte donne toute latitude aux forces de sécurité pour écouter les conversations téléphoniques des personnes soupçonnées.

En septembre doivent se tenir les premiers procès d'"extrémistes". Sur le banc des accusés, un retraité de 71 ans de la ville d'Oriol (400 km au sud-ouest de Moscou), Piotr Gagarine, accusé d'avoir crié un peu trop fort son mécontentement envers le gouverneur de la région, Egor Stroev. Il encourt plusieurs années de prison. Le 24 septembre, s'ouvrira à Moscou le procès d'un autre "extrémiste", le politologue Andreï Piontkovski. Critique acerbe du Kremlin, il est accusé d'avoir incité à l'"extrémisme" dans deux de ses livres, des recueils de ses articles publiés entre 1999 et 2006, selon une "expertise linguistique" du FSB, services secrets russes.

La pratique de l'internement psychiatrique d'opposants politiques, largement utilisée à l'époque soviétique, a également refait son apparition. En juillet, Larissa Arap, militante de l'Autre Russie (mouvement d'opposition à Vladimir Poutine dirigé par Garry Kasparov) a été internée de force dans un hôpital psychiatrique près de Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie.

INTERNEMENTS ARBITRAIRES

Venue chercher chez un médecin une attestation de santé nécessaire à un examen de conduite, Larissa Arap s'est vu demander si elle était bien l'auteur d'un article paru récemment dans la presse régionale sur les mauvais traitements infligés aux enfants dans les asiles psychiatriques. Elle a répondu par l'affirmative. Le médecin a alors appelé l'hôpital psychiatrique qui a envoyé une ambulance. Elle n'a dû sa sortie de l'hôpital, quarante-six jours plus tard, que grâce à la campagne de mobilisation lancée par l'opposition pour sa libération.

Elle n'est pas la seule. En 2006, dans la région d'Omsk (Sibérie), Nikolaï Skatchkov, qui avait protesté contre des brutalités policières envers des manifestants, a été convoqué par la police, puis contraint de subir des tests dans un hôpital psychiatrique. Les policiers lui trouvaient "un sens trop aigu de la justice", et les psychiatres l'ont fait interner pendant six mois pour "délire paranoïaque". Selon l'association des psychiatres indépendants, 15 % des internements sont arbitraires.

France : Le triste destin de Dominique de Villepin

Dès qu’il a quitté Matignon, l’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, s’est retrouvé face aux foudres de la justice. Il a été mis en examen dans l’affaire Clearstream.

Même dans le scénario du plus mauvais thriller politique hollywoodien, personne n’aurait eu l’imagination aussi fertile, la plume aussi tordue et la tendance aussi perverse pour décrire le passage brusque de Dominique de Villepin d’une posture chevaleresque flamboyante croisant le fer avec l’hyper puissance américaine sur la tribune des Nations Unies, aux bureaux traditionnellement glauques des juges d’instruction parisiens.

C’est ce qui arriva, pourtant, à l’ancien Premier ministre français à peine a-t-il quitté Matignon, lorsqu’il a été mis en examen pour «complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, abus de confiance et complicité d'usage de faux» dans l’affaire Clearstream.

Dans cette célèbre affaire de comptes bancaires occultes, il est soupçonné d’avoir participé à une manipulation de faux listings pour nuire à des personnalités politiques comme l’ancien ministre de l’Intérieur, alors candidat de l’UMP à l’Elysée, Nicolas Sarkozy.

Alors qu’il devait couler des jours de retraite heureuse à la tête d’une institution internationale, ou au bord d’un gigantesque lac canadien en train de composer de poèmes, Dominique de Villepin s’est retrouvé face aux foudres de la justice quelques jours seulement après avoir livré les clefs de Matignon à son successeur François Fillon.

Il a lui-même résumé sa stratégie de défense : «Je tiens à redire qu’à aucun moment je n’ai demandé d’enquête sur des personnalités politiques, qu’à aucun moment je n’ai participé à une quelconque manœuvre politique».

La diligence avec laquelle la justice française traita cette affaire fut surprenante pour beaucoup. Après avoir suivi, éberluée, les actes de ce drame estival joué en accéléré devant leur poste de télévision, la classe politique française commence à sortir de son silence.

Si les socialistes de François Hollande et la gauche se sont, dès le départ, réjouis des malheurs fratricides de la nouvelle majorité, croyant y déceler une opportunité à bon compte de dissimuler leurs querelles internes et d’affaiblir le nouveau pouvoir, les élus UMP sont restés étrangement silencieux, partagés entre une fidélité à Nicolas Sarkozy et l’indispensable besoin de voler au secours d’un membre de sa famille .

François Hollande s’était d’ailleurs interrogé de savoir si l'ex-chef du gouvernement s'était livré à «une manœuvre politique (...) qui n'était là que pour justifier la mise à l'écart d'un concurrent au sein de l'UMP ou du gouvernement, en l'occurrence Nicolas Sarkozy», ou s'il s'agissait «au contraire, comme le dit aujourd'hui Dominique de Villepin, d'une façon de protéger les intérêts de la France».

Avant d’enfoncer le clou : «Si, au sein de l'UMP, au sein même de l'Etat, on est capable d'utiliser des procédures comme celle-là, on peut se demander si nous sommes encore dans une République impartiale et transparente».

Au sein de la droite après un silence gêné, une voix s’est levée pour prendre la défense de Dominique de Villepin, c’est celle du député de l’Hérault Jean Pierre Grand qui avait comparé l’affaire Clearstream à l’affaire Dreyfus:

«Dans cette affaire de Clearstream, on retrouve le serviteur de l'Etat qui n'a fait que son devoir de ministre en demandant, probablement, la vérification normale d'un fichier intimement lié à l'affaire des frégates de Taïwan et donc aux intérêts stratégiques de la France».

Et dans une charge dont le message est à destination du président de la République, le député Jean Pierre Grand prend des intonations menaçantes et insurrectionnelles :

«En traitant Dominique de Villepin comme s'il était à la tête d'un réseau de trafiquants de drogue, les juges et les policiers portent atteinte à la démocratie».

Pour Nicolas Sarkozy, publiquement muet sur l’affaire, depuis son élection, se contentant d’inviter la justice à suivre son cours, il voit dans ce processus une opération de salubrité publique. Ses proches collaborateurs mettent en avant sa volonté de débarrasser la vie politique française des pratiques obscures des officines secrètes et du pouvoir occulte.

Le nouveau président court tout de même le risque de voir que l’enthousiasme des juges, trop satisfaits de se payer un ancien Premier ministre, soit perçu par l’opinion française comme un acharnement gratuit et un règlement de compte personnel. Une fois ce stade atteint, l’effet Boomerang devient redoutable.

Le 31-7-2007
Par : Mustapha Tossa
DNCP à Paris

Un Orthodoxe réagit aux affirmations de Rome

Concernant la soif de "primauté" de l'Eglise romaine, elle ne date pas d'aujourd'hui. Nous avons toujours connu cela.

Ceci, à chaque fois que Bysance se réveille et existe (auj. Moscou) Rome se croit affaiblie.
Or, historiquement, jamais Byzance n'a souhaité la primauté.

Pour beaucoup de raison, le schisme était (est) inévitable. La première de toute est théologique.

Mais avant cela, je ferai ici un rappel.

Ce que Rome veut ignorer c'est le fait du "catholicisme" originel de Bysance. Car l'Eglise dite "orthodoxe" s'appelle en réalité: l'Eglise catholique orthodoxe.

Au fond, par sa volonté de se désigner comme étant "l'Eglise catholique", Rome s'approprie ce "catholicisme" originel. Et puisque son appelation est en réalité "Eglise catholique romaine", on devrait donc dire, par abréviation pour désigner telle ou telle Eglise, les "orthodoxes" et les "romains" (et non les "orthodoxes et les "catholiques"). car, cela désignerait les mêmes personnes....

Il est bien évident que ce terme de "romain" est une limitation aux ambitions de Rome. Mais c'est elle même qui l'a voulu au départ. Il faut donc l'assumer.

Byzance n'a jamais agi de cette façon. Par 2 fois elle a secouru Rome.

En retour, par 2 fois les "romains" l'ont pillée et ont ainsi fait place nette aux Turcs.

"Que Venise s'enfonce donc dans sa fange; ce n'est que justice."


Et puis, Charlemagne n'a pas été sacré empereur par le Pape, mais par l'évêque de Rome. C'est justement pour cela, que ce dernier s'est pris "la grosse tête". S'étant autoproclamé Pape, il a pris les rênes de " l' Empire catholique ROMAIN".

Concernant la "succession apostolique", cela n'est pas vrai pour les Romains.

Leur "chaîne" s'est rompue en plusieurs points et de ce fait, la flamme s'est éteinte. Et, c'est ce qui nous fait dire qu'ils sont "les vierges folles".

Celles qui ont "oublié" d'emporter l'huile pour la lampe. Sur la route, la nuit, à la recherche de l'époux, leur flamme s'est éteinte, contrairement aux lampes des vierges sages.


Ce qui nous divise théologiquement est le "filioque".

Pour les Romains, le fils de Dieu est temporel. Et, pour beaucoup de Protestants, ce n'est qu'un Homme.

Ceci pose une interrogation. S'il est temporel, pourquoi la Trinité à laquelle il appartient est éternelle ? Pour les Orthodoxes, Il s"est incarné Homme, après être "né du Père, avant tous les siècles". Il est intemporel. il EST.

On pourrait continuer comme cela pendant des heures... Car le "filioque" n'est qu'un prétexte.

Bien amicalement,
Nicolas

Seule l'Eglise catholique détient la vérité...

En septembre 2000, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la doctrine romaine, avait provoqué l'une des plus belles tempêtes de la fin du pontificat de Jean Paul II. Dans un document intitulé Dominus Jesus, il avait affirmé que l'Eglise catholique était la seule à pouvoir se prévaloir de la qualité d'Eglise. Les Eglises protestantes et le Conseil oecuménique des Eglises (Genève) s'étaient élevés contre cet exclusivisme catholique. L'affaire avait largement contribué à la réputation d'intransigeance du futur pape et son élection avait été accueillie avec beaucoup de réserves dans les milieux oecuméniques.

Son successeur, le cardinal américain William Levada, publie, mardi 10 juillet 2007, un document qui reprend intégralement cette thèse, comme si la Curie n'avait tiré aucune leçon de la polémique. Pour lui, "l'Eglise du Christ subsiste" (en latin, subsistit in), historiquement et pleinement, dans la seule Eglise catholique : "Elle n'a cessé d'exister au cours de l'Histoire, et toujours elle existera, et c'est en elle seule que demeurent à jamais tous les éléments institués par le Christ lui-même."

C'est aussi la reprise, presque mot pour mot, de la constitution sur l'Eglise (Lumen Gentium) du concile Vatican II, adoptée en 1964. En faisant ce rappel, l'auteur de ce document romain entend lutter contre les "interprétations erronées" venues de la pratique depuis quarante ans d'un "oecuménisme" mal compris et de "visions inacceptables, encore répandues dans le monde catholique", selon lesquelles l'unité des Eglises ayant éclaté, plus aucune ne peut se considérer comme détentrice de la seule vérité

Autrement dit, une seule Eglise possède la vérité intégrale du christianisme. Les autres - orientales (orthodoxes) ou protestantes - ne sont pas dépourvues d'"éléments de vérité et de sanctification", mais n'ayant pas été fidèles à la foi catholique des origines, elles n'ont pas la "plénitude" des voies du salut, qui ne peuvent être trouvées qu'à Rome.

Les orthodoxes méritent un sort à part. Ils sont les plus proches des catholiques : ils n'ont pas rompu avec le principe de la "succession apostolique" (les évêques descendent des apôtres) et ils ont une conception "valide" du sacrement de l'Eucharistie. Mais ils divergent avec l'un des "principes constitutifs" de la foi catholique : la primauté du Pape, évêque de Rome. Pour les orthodoxes, tous les évêques sont successeurs des apôtres et leurs pouvoirs sont identiques. C'est une "déficience", juge le texte romain. Aussi les Eglises orthodoxes ne peuvent être considérées au mieux que comme des "Eglises particulières ou locales".

ENTORSE AU DIALOGUE

Quant aux Eglises protestantes, nées de la Réforme du XVIe siècle (anglicanisme, luthéranisme, calvinisme, méthodisme), elles ne sont même pas des Eglises authentiques au sens propre. Elles ne sont que des "communautés ecclésiales". Impossible de les qualifier autrement, écrit le cardinal Levada, malgré la "blessure" que ce mot peut provoquer. Car il manque aux protestants les "éléments essentiels" de la foi catholique. Ils croient au "sacerdoce universel" des fidèles : il n'y a pas de différence entre eux, sinon de fonction. Etre "pasteur" est une fonction, non un ministère sacré. Ils ont rompu avec la "succession apostolique" : leur épiscopat, leur sacerdoce ne sont pas "valides". Leur conception de l'Eucharistie (la "Sainte-Cène") n'est "ni authentique, ni intégrale".

Ces points de doctrine ne sont pas nouveaux. Mais les acteurs du dialogue - y compris catholiques - peineront à comprendre les raisons et l'utilité d'un tel rappel de divergences aujourd'hui. Le cardinal Levada n'entend pas contrarier, assure-t-il, le dialogue oecuménique, mais il veut le mener à ses conditions : la fidélité "à l'identité de la foi catholique".

Les réactions risquent d'être vives. Les protestants, en particulier, n'acceptent pas que leur qualité d'Eglise soit ainsi contestée. Cette manière d'affirmer que l'Eglise catholique est seule à posséder la vérité ne pourra que satisfaire son aile la plus identitaire et dogmatique. Derrière un argumentaire technique et une apparente fidélité à la lettre du concile Vatican II, c'est l'esprit du dialogue ouvert depuis quarante ans entre les confessions chrétiennes qui subit une nouvelle entorse.

Henri Tincq
Article paru dans l'édition du 11.07.07. du journal français "Le Monde"